Ma philosophie

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« Je crois qu’il y eut un temps où, sans les connaître peut-être par leur nom, l’homme était proche des herbes. Non seulement parce que, les pressentant magiques, il en parait les autels de ses dieux, il en ceignait le front des plus purs, mais il en avait devant sa porte, tout de suite, et la grande mer des champs venait battre son seuil comme un ressac. L’alliance, alors, se faisait d’elle-même : pour l’enfant malade, pour le père blessé, pour les mères fourbues par tant de pain pétri, par tant de lin tissé, et dont la vie s’effilochait un jour, brutalement, comme la laine du rouet quand l‘axe vient à faiblir, le peuple des Simples déléguait un rameau, une touffe, un bouquet, qui, s’ils n’apportaient pas toujours la vie, étaient un don de la Vie forte  à la vie qui faiblissait : l’échange était encore possible et la fumée qui montait plus tard d’un feu de Myrte ou de Sauge était le seul dû de la guérison »

Pierre Lieutaghi, ethnobotaniste

     © Colette Pillonel 2017